La maison[s]témoin, un sens de la visite,

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la maison témoin, un site, cette découverte, cet espace protéiforme, des vues, des agencement qui s’entrecroisent, cette singularité, alors je m’y embarque, un peu au hasard, à la découverte d’un sens de la visite,


… la critique d’une œuvre contenue dans un site n’est pas chose aisée, les canons, les méthodes n’ont pas (encore) été établis, au travers des pages de LittéWeb, je n’esquisse que de ces tentatives, gauches, et pour tout vous dire je ne sais comment évoquer cette maison[s]témoin, par où commencer ?

J’ai déjà tenté par ailleurs de la saisir cette maison, écrit raté.

Comment en parler cette fois-ci ? De qui parler ? De l’initiatrice de l’œuvre ? Christine Jeanney. Des auteurs ? (j’avais eu la maladresse dans une critique précédente, de parler d’animateurs, c’était au sujet Scriptopolis, et non d’écrivains.)

Que du beau monde par ailleurs.

Peut être faudrait-il avant tout évoquer, de manière générale et fatalement sommaire, cette singularité, http://www.maisonstemoin.fr/,





En quête d’une amorce

… mais c’est quoi au juste, la maison[s]témoin, pourquoi d’ailleurs tenter de la saisir ?

On devrait déjà commencer par la homepage, la page d’accueil, une adresse et déjà cette multitude de chemins qui se tracent. Un site, c’est ça, ces liens partout, ces entrées multiples. Il n’existe pas, dans le web, cette linéarité inhérente à nombre de livres, non une linéarité du récit, mais l’optique est toujours la même tourner ces pages, avec des Exceptionsparfois, certes.

… la lecture d’un site, postule cette liberté, tout est chemin, tout est piste,

Procédons par fragments, bannière en haut, horizontale, propositions qui s’y esquissent,

… notre agence, clic, depuis ma dernière visite, quoi ? Des noms, ces noms que je vous est montré, ils sont apparus, d’un coup, et puis surtout, la maison toute entière semble infectée, virus, pages qui buggent, bug/insecte, maison infestée.

Puis à gauche, cette ligne verticale, quoi, dernières contributions, suivies des catégories, des commentaires récents, des archives.

Mais surtout, là tout au centre, deux chemins, deux flèches, deux voies ;





Faire œuvre ensemble,

… peut-être que j’ai touché au début d’une manière d’évoquer le site, toujours gauche mais qu’importe, j’ai été trop timoré, j’ai cliqué bien au centre, vers ce qui a attiré mon attention, cette flèche, reproduisant inconsciemment les schèmes d’un livre, commencer par le début, tourner la couverture, page d’accueil du site, les visiteurs prochains eux sûrement sauront faire montre de plus d’audace,

… mais malgré ma frilosité, voici un autre écueil, quoi ? Cette page,

…plan, quel sens donner à ma visite, quelle pièce choisir ? L’entrée, non, trop commun, tiens, le garage, et c’est peut être là un détour, assez malencontreux. Cette disposition graphique, n’est qu’une autre expression de la page d’accueil,   manière, esthétisée, de présenter les différentes catégories.

Bon le garage, ses entrées multiples qui s’y profilent, s’affichent l’ensemble des vues, des garages agencés par les auteurs, ceux de Cjeanney, de PCH, Pierre Ménard ou encore ThierryBeinstingel, un titre, Cric, on clic.

… et un texte, Cristine Jeanney, qui résumerait à lui seul, une des dimension de la maison témoin cette présence/absence, ou plutôt, ce négatif, oui, ce cric « dans le garage est un cric fantôme (…) c’est qu’ici les perspectives sont inconscientes (…) tout à coup tu les vois dans le coin qui sert d’atelier, ces lignes qui cernent les outils, dénoncent ceux qui manquent… » C’est un peu ça la maison témoin, elle ne se construit pas sur les textes, sur les pièces que les différents textes créent mais plutôt par une négativité de ces textes, c’est autour des pièces créée, dans leur interstice  se que constitue la maison témoin, celle-ci est insaisissable, elle n’est pas mouvement, elle est mouvance, par ce que les auteur construisent par leur langue, singulière, mais surtout par la multiplicité des médias, cet enveloppement photographique ici ou là, les références cinématographiques, par ci par là, mais surtout il y a cet insaisissable du web, mouvance textuelle, l’hyperlien, connexions, parallélisme des textes chamboulé, du cric du garage, nous passons au vertige des livres du séjour, texte de Joachim Séné, une histoire s’y tisse, autre, singulière, parcelle de vie,

« la décoratrice est agrégée de philosophie, a un master en lettres modernes et, surtout, un diplôme de design et architecte d’intérieur, qui lui permet de gagner sa vie, en réalisant des intérieurs, en remplissant des murs, des sols, des étagères. Elle s’est amusée à imprimer les cartons des faux livres avec les livres lus pendant la période de création du décor de la maison témoin… « 

et ce texte de Séné, autre clic, au mot livre, et l’on découvre que ce texte lu, réponse, un ping au pong (une semaine d’écart entre les deux) Florence Trocmé et sa proposition, installation d’une bibliothèque,

… et c’est bien là la singularité d’une écriture web, cette effusion, émulation constante, horizontalité toute singulière, plus de rigidité, plus de cloisonnement, pas ceux qui publient d’un côté, ceux qui lisent de l’autre, le public est publication, bruissement continu, brouhaha. Ce jeu faire œuvre ensemble,





Des vues, ou ce kaléidoscope bâtisseur,

Voilà un fil ! ténu certes, un fil pourtant démêlé, une voie parmi des milliers, je suis parti du cric du garage pour atterrir sur cette pile de livres, mais ici, chez Florence, c’est cul de sac, pas de liens, je rebrousse chemin, clic sur précédent, navigateur, de retour chez Séné, et cette notion de vide qui s’esquisse également chez lui,

 » Les cartons repliés sur le vide ont été disposés sur les étagères du séjour, elle sait que personne ne les regarde de près, même pour faire semblant de les saisir, pour le peu qui osent, ne prend pas la peine de lire la tranche. Et cela lui convient, à la décoratrice, qu’on n’aille pas lire le vide, le vertige qui s’en suivrait ferait échouer la vente, parce que le vide est partout ici. « 

… oui, et mon entreprise, celle de saisir cette maison, « qu’on n’aille pas lire le vide, le vertige qui s’en suivrait ferait échouer la vente, » n’est-il pas écrit à mon endroit, à moi visiteur incongru, visiteur indiscret qui en plus vous en parle de sa visite, suis-je en train de faire « échouer la vente » de la maison témoin en tissant ces lignes ?

… quoi qu’il en soit, je poursuis, voici que Joachim évoque, «  le canapé Manstad du salon », ce lien, ce clic à portée, je veux y aller, mais non, je me refrène achever le texte, mais voilà que vient un autre de lien, de suite, toujours sur ce canapé,

« Ce qui ne veut pas dire que personne ne s’allonge sur le canapé, on le sait, pour lire, ou pour une sieste parfois, et qui sait les invitations discrètes pour l’amour qui pourraient se dérouler ici ? »

… obnubilé alors, j’oublie le précédent, me précipite vers ce lien, une porte, je suis salon toujours en compagnie de Joachim Séné, sa marotte on dirait, c’est ce canapé « Manstad », il s’y installe comme il dit, « dans le coin », « jambes allongées sur la longueur, pour lire son vrai livre», qui lui ? Pas de réponse, « Ce jour-là c’est Ils désertent de Thierry Beinstingel, et ça l’amuse encore plus de voir les personnages du roman rouler, » je m’arrête là, que faire, un lien qu’y a-t-il dedans, un autre pan de la maison ? Je me tâte, j’essaye de poursuivre ma lecture, mais que faire ? J’échoue à agencer les lettres, à poursuivre, ce lien, ce lien qu’y a-t-il dessous, autour, au-dessus, voilà, je n’ai pu résister, j’ai cliqué, page blanche où suis-je ? Ce n’est plus la même police, plus la même disposition, j’ai voyagé, loin, peut être pas si loin, mais je ne suis plus dans la maison, on m’a expulsé ! Mes rétines, elles remontent, barre url,

… j’y reviendrai un aut’ jour à la maison,

Ahmed Slama

Article by Ahmed Slama