L’entremêlement urbain,

Blabla d'octaves

Au travers des vidéos poétique de Stephen Urani, s’esquisse une vision de l’urbain toute singulière, organique, en mouvance perpétuelle,  un regard où, aux images, se mêlent écriture et voix,

Stephen Urani, Blablas d’Octave, Gratuit à trouver ici

 

Stephen Urani, ce fut une rencontre hasardeuse, comme toute rencontre peut-être, il y avait ce j’aime sur le réseau social à bande bleue, au sujet de notre premier papier, notre déclaration d’intention, et puis un commentaire qui nous avait stimulé.

On a dès lors enquêté, un peu, curiosité des réseaux sociaux, étrange et soupçonneuse, son nom, il me disait déjà quelque chose, entrevu ici ou là, mais c’était plutôt du côté des revues que son nom m’était apparu, le dernier numéro de Dissonances, revue qu’on apprécie pas mal, à Littéweb.

Et puis on a fouillé un peu Stephen Urani, on a retrouvé son blog, son compte Youtube aussi, on l’avait pris le Stephen Urani en flagrant délit de vidéos poétique. On les a bien sûr visionné ces vidéos. On a aimé. Je vous en parle alors. L’occasion aussi pour nous de commencer à évoquer l’activité littéraire qui se tisse sur Youtube. Ça y foisonne de récits, de productions assez singulières. Ça y remue en permanence. On s’y extrait de l’écrit strict, pour mettre les mots en sons, et le tout avec des images, leur mouvement.

Et comment ça se présente tout ça ? deux moyens d’y accéder à ces vidéos, depuis le blog, entrée bien commode, blabladoctave ou alors rendez-vous directement sur la plateforme de l’hébergeur vidéo, Youtube, ce mécanisme si commode des chaînes, il y a celle de l’auteur, Stephen Urani, un titre, la plupart de ces vidéos ne dépasse pas la minute, efficacité du format.

Et qu’y retrouve-t-on exactement ?

 

 

La ville et ses lignes :

« Ville tentaculaire ». L’expression aujourd’hui, quiconque en conviendra, est un poncif aujourd’hui, pourtant cet agencement dispose d’une histoire, le premier à en user, poète que le temps a recouvert, Verhaeren qui a eu pourtant ce génie, comme disait Baudelaire, « le génie, c’est de créer un poncif. » Cette ville tentaculaire, depuis Verharen, elle a mué, elle a transmué, désormais, ce n’est plus l’aspect mouvant, courbé du tentacule plutôt l’angle, la raideur qui domine notre imaginaire de la ville. Et c’est surtout ça, les vidéos de Stephen Urani, le regard de son narrateur, Octave, la prédominance des lignes, l’omniprésence des lignes, leur enchevêtrement  et puis non pas le mouvement ; mais la mouvance.

Au fil des vidéos, c’est bien une manière singulière qui se construit, d’abord un angle de caméra, fixe, où tout se meut, une succession de plans qui nous désignent l’entremêlement urbain. Pas de mouvement de caméra, ou si peu. Juste ce glissement d’un angle à l’autre. Et qui nous montre, quoi ? tout est dans le sous-titre du blog regarder dedans les morceaux d’endroits. Et c’est bien cette fragmentation à laquelle on assiste dans les vidéos poétiques d’Urani, sa caméra saisit des espaces réduits, des morceaux d’endroits donc et c’est bien par ces fragments spatiaux que surgit la poésie d’un quotidien.

L’ensemble de la poétique des blablas d’octave nous pourrions la résumer, au risque de la caricature, à l’aide d’un élément qui s’inscrit en filigrane, sorte d’arrière-plan de pas mal de vidéos, l’escalier mécanique, un signe qui recèle toute la poétique des vidéos d’Urani. Une figure, ascendante, descendante. L’escalier mécanique c’est d’abord les striures de la matière, pas de surface plane, le tout est cranté, des crans le plus souvent verticaux ou horizontaux, brisés par le pli des marches. Le tout bordé par les échiffres où l’on pose, nonchalants, ses mains. Il y a également l’entremêlement de lignes, porté par ce mouvement, permanent. Mouvance qui perpétuelle traverse ces lieux, des fenêtres étroites qui réverbèrent la vie autour.

 

 

 

Médias agencés  :

L’omniprésence des lignes, et leur enchevêtrement, pourrait n’être qu’un simple parti pris esthétique, seulement une manière de voir le monde qui nous entoure par cette fenêtre étroite et qui pourtant ouvre sur grand, sur tout ce qui existe autour, et pourtant nous pourrions rattacher tout cette sémantique à l’aspect transmédia qui fonde l’expérience que nous propose Stephen Urani ; cette alliance d’images mouvantes, des phrases incrustés, une incrustations qui elle-même joue sur les lignes présentes à l’écran, sans oublier la musique, et la voix, tout s’enchevêtre pour constituer ces vidéos poétique où se dessine, progressif, l’urbain.

Un urbain qui nous touche, nous émeut tant il se joue des stéréotypes, urbanité qui même absente s’inscrit en négatif,

une ville dans son vivant, une évocation de la ville dans la droite lignée de celle de Verhaeren, ville vivante et organique, pas simplement ce tumulte de  la ville, vu et revue, mais également ces lambeaux, ce que l’on nomme si commodément, les no man’s land…

Ahmed Slama

Article by Ahmed Slama